Histoire du cinéma camerounais
Le cinéma camerounais naît dans les années 1960, dans le sillage de l'indépendance. Les premiers réalisateurs s'emparent de la caméra comme outil de construction nationale et d'affirmation identitaire. Jean-Pierre Dikongué Pipa, considéré comme le père du cinéma camerounais, ouvre la voie avec Muna Moto (1975), qui remporte l'Étalon de Yennenga au FESPACO.
Collywood : le cinéma populaire camerounais
À l'instar de Nollywood au Nigeria, le Cameroun a vu émerger au début des années 2000 une industrie cinématographique populaire baptisée Collywood. Ce phénomène repose sur la production à faible budget de films en vidéo numérique, distribués via DVD et, plus récemment, via les plateformes de streaming et les réseaux sociaux.
Collywood produit essentiellement des comédies, des drames sociaux et des séries télévisées en français, en anglais et en langues locales (pidgin, ewondo, douala). Des réalisateurs comme Thierry Ntamack (Le Blanc d'Eyenga, Transfert) et Narcisse Wandji ont popularisé ce cinéma auprès du grand public camerounais et de la diaspora.
Genres et thématiques
- Drame social : Films abordant les réalités quotidiennes — pauvreté, exode rural, polygamie, conflits générationnels
- Comédie populaire : Genre phare de Collywood, avec des comédiens devenus stars nationales
- Séries télévisées : Productions pour CRTV, Canal 2 International et chaînes panafricaines
- Cinéma d'auteur : Films primés dans les festivals internationaux — Jean-Pierre Bekolo, Rosine Mbakam
- Documentaire : Regard sur le patrimoine, l'histoire et les enjeux sociaux du Cameroun
- Court-métrage : Vivier de la jeune création, soutenu par les ateliers et festivals
Chiffres clés de l'industrie
Défis de l'industrie
- Financement : Budgets limités, absence de fonds de garantie bancaire dédiés au cinéma, dépendance aux fonds étrangers
- Distribution : Circuit de diffusion informel, piraterie massive, faible nombre de salles exploitables
- Infrastructure : Insuffisance de studios professionnels, de laboratoires de post-production et d'équipements techniques
- Formation : Besoin de renforcement des capacités techniques (scénarisation, direction photo, montage, son)
- Cadre juridique : Nécessité de moderniser la réglementation pour protéger les droits des créateurs